DU SILENCE A LA PAROLE

Projet de documentaire 

Avec la participation de Boris CYRULNIK

Psychiatre et psychanalyste, 52'

 

Actuellement en recheche de production

 

RÉSUMÉ

Ce documentaire de 52 minutes pose un regard franc sur l’origine et la réalité des violences sexuelles. Nous nous intéressons ici, non pas à l'acte en lui-même, mais pourquoi il a lieu et comment se reconstruire après. Bien sûr, tous les hommes ne sont pas violents, mais en partant d’un entretien avec Boris Cyrulnik, nous comprenons pourquoi la violence existe, qui est l’homme violent et comment les femmes peuvent se reconstruire après un abus sexuel. Environ 95% des violences (toutes violences confondues) sont commises par des hommes, d’où notre questionnement. Différents intervenants éminents, femmes victimes d’inceste ou de viol, psychiatres, associations, témoignent pour nous expliquer où nous en sommes aujourd’hui de la lutte contre les violences sexuelles et quels sont les moyens thérapeutiques qui existent pour aider les femmes à se reconstruire. Nous nous intéressons également à ce qui est mis en place, notamment dans une maison centrale des Yvelines, auprès des détenus, condamnés pour des violences sexuelles afin d’empêcher la récidive. Pour les victimes, la reconstruction est la clé de leur survie et c’est un sujet encore trop peu évoqué. « Du silence à la parole » met en lumière l’espoir d’un après : celui qui redonne vie.

CONTEXTE 

Il m’apparait essentiel de comprendre la violence sexuelle, son origine, comment elle a évolué et quel visage elle revêt aujourd’hui afin de mieux saisir pourquoi elle existe et perdure encore dans notre société. En effet, en France chaque année en moyenne, près de 4 millions de cas d’incestes et plus de 84 000 femmes et 14 000 hommes sont victimes de viols ou de tentatives de viol (Haut Conseil à l’égalité homme femme). Boris Cyrulnik, psychiatre reconnu, a accepté d’encadrer ce documentaire et nous apportera ses réflexions, ainsi que tous les autres intervenants. Puis, lors de mes nombreux entretiens avec des femmes, il m’est apparu que la difficulté à se reconstruire reste au cœur de leurs souffrances. Comme nous le dira Boris Cyrulnik : « la société entretient la honte et la plupart des femmes ne veulent pas porter à vie le carcan de la victime ». Comment alors les réconcilier avec elles-mêmes, avec leur corps, face au regard des autres, dans une société qui les isole encore ? Pouvons-nous parler ici de résilience ? Enfin, pour avancer vers une compréhension totale du sujet, il me semble indispensable de savoir ce qui est mis en place auprès des agresseurs afin d’éviter la récidive. Selon l’étude « La récidive des sortants de prison » d’Annie Kensey et Pierre Tournier, les délinquants sexuels représentent un taux de récidive de 22 % pour les délits et 30 % pour les crimes. Je me suis donc rendue dans une maison centrale et, après avoir rencontré une psychiatre et le directeur de la prison, j’ai découvert que des projets pilotes en la matière semblent concluants, notamment le face à face victime/agresseur, mais nous n’en avons que peu d’échos. Il est pourtant primordial, pour celles et ceux ayant subi des violences, pour nous tous, que nous sachions ce qui est mis en œuvre par les différents acteurs qui luttent pour redonner aux femmes leur dignité. Les femmes qui témoignent ici le font à visage découvert pour deux d’entre elles, la troisième étant encore en procédure judiciaire. Après un rappel historique du viol et de la violence, nous nous intéresserons à l’affaire de deux touristes belges violées en 1974. Jusque dans les années 1970, le viol relevait du tabou. Les victimes étaient alors considérées comme étant plus ou moins consentantes. Cette affaire retentissante d'agression sexuelle en réunion va totalement changer le regard de la société. Pourtant, nous arriverons au constat actuel : environ 80 000 viols par an en France, près de 200 000 femmes victimes de violences physiques et/ou sexuelles, 4 millions de cas d’inceste et l’étourdissant silence qui règne encore en maître sur les violences sexuelles. Nous voulons savoir pourquoi ? 

 

NOTE D’INTENTION DE L’AUTEUR


J’ai toujours été sensibilisée par l’humain et son fonctionnement, moral et psychologique. Je suis arrivée sur le sujet des violences après avoir moi-même vécu une forme de violence psychologique qui a entrainé des conséquences importantes sur moi-même et aussi sur mes quatre enfants. Le fait d’en parler, d’écrire, m’a beaucoup aidé. Après avoir publié deux ouvrages contre les violences faites aux femmes et participé à des événements porteurs, j’ai souhaité, pour aller plus loin, écrire un documentaire. Très soutenue de manière générale, de par mon travail d’auteur et ma vision humaniste du sujet, je suis arrivée à faire parler des femmes victimes de toute forme de violences et qui n’avaient jamais pu le faire auparavant. La seule reconnaissance que j’en tire ce sont les mots nouveaux qu’elles posent après leur témoignage : un bien-être, un soulagement, une forme de reconstruction, des actions en justice, le sentiment d’être libre, l’envie d’aider les autres, de ne pas en rester là … tout cela n’est possible que si l’on parle. Elles ont parlé pour ne plus se sentir coupables, pour ne plus porter cette honte, pour montrer qu’elles ne sont pas seules, pour déjouer le piège de l’agresseur qui les a enfermées durant des années dans le silence. Nous ne pouvons pas seulement nous baser sur des chiffres. Il m’a paru essentiel de comprendre, en profondeur, le phénomène de la violence non seulement d’un point de vue actuel mais aussi anthropologique, puis psychologique. J’ai donc rencontré Boris Cyrulnik, et cet entretien nous permettra d’introduire les autres intervenants. Comprendre l’origine de la violence c’est permettre de positionner l’homme et la femme dans un contexte qui a aussi permis cette violence. Le changement des mœurs, face aux violences sexuelles est très récent (1980), tout comme l’affinement des lois. Le poids des associations est considérable dans l’évolution des lois, la dénonciation des stéréotypes, le soutien aux femmes, mais chacun doit agir pour lutter contre ce qui détruit des vies. Ce documentaire fait écho à la parution de mon livre Les voix des femmes, contre les violences sexuelles envers les femmes aux éditions Sudarènes. J’ai choisi un cadre simple pour interviewer les différents intervenants, chez eux ou sur leur lieu de travail, avec des images d’archive. Les femmes qui vont témoigner me font confiance, notre « rencontre » et leur volonté de dire stop m’ont permis d’entrer dans leur intimité. Ce documentaire propose une vision sensible et positive, sans pathos, juste une réalité à faire entendre et des solutions à proposer. Le regard et l’implication des hommes sur ce sujet sont importants à mes yeux, c’est pourquoi j’ai souhaité leur intervention et aussi travailler avec eux. Je remercie toutes celles et tous ceux qui me font confiance à travers ce beau projet qui va, j’en suis sûre, ouvrir de nouvelles portes.